Un matin qui semble « normal », c’est-Ă -dire ma vie au quotidien — vivre avec ma souffrance avec la force que Dieu me donne chaque jour. Bon nombre d’entre vous savent que je souffre de la fibromyalgie, mais peu d’entre vous savent Ă quel point cela affecte la vie d’une personne. Je n’en parle presque jamais, et mon mari pourrait vous le confirmer. Par exception, je voulais dĂ©mystifier un peu certains propos sur cette maladie et vous partagez ce que je vis au quotidien. Donc, je vous partage quelques heures…
C’est sombre ce matin, il fait noir, j’ai de la difficultĂ© Ă me lever… Il est tĂ´t et j’ai encore une fois très mal dormi. J’entends mon mari faire son petit dĂ©jeuner, je dois me lever pour aller lui faire un bon cappuccino! Il est 6 h, ouf… pĂ©nible. J’ai de la misère Ă bouger mes jambes. Bon… Ă©tire-toi Ann.
J’ai pris mes petits « smarties » (mĂ©dicaments), cela devrait aller mieux dans une heure, d’ici lĂ je suis incapable d’entreprendre une tâche qui demande de penser ou d’Ă©crire. MĂŞme parler est difficile, car j’ai le cerveau comme endormi, le terme mĂ©dical utilisĂ© est « Brain Fog ». Je suis depuis une semaine dans ce qu’on appelle une « crise de fibromyalgie ». J’ai hâte qu’elle passe, tellement difficile, je sais plus quoi faire. Je suis sur le bord de craquer !!!! Mais je me rappelle constamment que DIEU est au contrĂ´le de tout dans ma vie, et que ce n’est jamais au-delĂ de mes forces.
« Mais franchement, Dieu, je commence à trouver que tu me trouves un peu trop forte! Je ne comprends pas trop?!? Je pose plus de questions, et je ne te prie pas pour la guérison non plus. Je me repose tout simplement dans tes bras mon Dieu.
Mais aujourd’hui, Seigneur, je suis fatiguĂ©e, Ă©puisĂ©e. Je n’en peux plus de cette merde de vie terrestre. Je voudrais m’en aller au ciel avec toi, lĂ , tout de suite. Je ne veux pas savoir pourquoi on souffre, car la Bible nous dit qu’on va souffrir, je suis juste plus capable physiquement et Ă©motionnellement de le supporter. Je n’arrive pas Ă Ă©crire pour toi. Je suis incapable de lire ma Bible et le comble de mes malheurs, ma concentration est partie. Si je suis capable de mettre cinq mots en ligne, c’est bon. J’essaie de te prier et mon esprit s’Ă©vade… ce qui me console c’est de savoir que ton Esprit intercède pour moi lorsqu’on ne le peut pas.
Ah! Père tu vois mon cĹ“ur dĂ©chirĂ© par tout ce que cette maladie me fait. Depuis des annĂ©es, mon corps est souffrant Ă cause de cette maladie invisible qui, de plus en plus, limite mes capacitĂ©s. Je sais très bien que je ne dois pas aller dans cette voie des doutes et des questions, car elles ne font que m’Ă©loigner de toi. Je te loue que tu me donnes la capacitĂ© malgrĂ© ma douleur immense de ne pas aller dans cette direction, je reconnais que c’est l’Ĺ“uvre de ton Esprit en moi.»
Depuis plusieurs jours, mes combats sont grands, mes luttes sont profondes et de plus en plus difficiles et longues… Je me sens comme si j’Ă©tais en train de me perdre dans une grande forĂŞt avec des arbres qui mesurent au moins 30 pieds de hauteur. Le ciel descend sur moi, sombre et gris, mais les arbres sont tellement collĂ©s les uns sur les autres qu’il m’est impossible de me faufiler. Bon, ici je parle de ce qui se passe dans ma tĂŞte, je n’ai mĂŞme pas encore effleurĂ© tous les aspects physiques!
Hum! Ce matin, j’avais Ă peine commencĂ© Ă marcher et mes pieds perdaient l’Ă©quilibre! Oui, ça fait partie de mes symptĂ´mes, je suis très avancĂ©e dans ma maladie. Heureusement, j’ai le meilleur mĂ©decin en douleur chronique au QuĂ©bec. Ensuite, lorsque j’ai fait mon petit cafĂ© je dois m’assurer de le tenir Ă deux mains pour ne pas l’Ă©chapper jusqu’Ă ce que mes « smarties » fassent leur effet! Comme j’ai dit plus haut, faire quoi que ce soit, qui me demande de la concentration, m’est impossible avant au moins une heure ou deux, dĂ©pendamment des matins. Parfois, mes mains sont très douloureuses et mes bras et mes jambes brulent, comme si j’avais Ă©tĂ© brulĂ©e ou engourdie. C’est bizarre et difficile Ă expliquer. Mais le plus pĂ©nible Ă accepter, c’est la perte de mĂ©moire. Il y’a bien d’autres symptĂ´mes, mais ceux-ci sont les majeurs.
Ce qui m’est plutĂ´t difficile maintenant c’est de voir que si je dois avoir des conversations tĂ´t le matin, je m’aperçois qu’il m’est très long avant de sortir ces mots de ma bouche. Les mots semblent ĂŞtre liĂ©s, attachĂ©s, emprisonnĂ©s en quelque sorte au-dedans de moi. Je les sais, ils sont dans ma tĂŞte, mais c’est comme s’ils n’arrivaient pas Ă sortir de ma bouche… il y a un dĂ©calage horaire entre les deux. J’en suis de plus en plus consciente, mais voilĂ , je dois vivre avec cela aussi. Il y’a parfois une rage qui monte en moi, mais non, je ne veux pas aller lĂ . Je ne dois pas. Ă€ quoi cela me servirait-il ? Rien.
Il y a des matins que je me lève et que je n’ai aucune énergie physique. Je suis tellement fatiguée, épuisée comme si j’avais travaillé un 72 heures en ligne. Puis, il y a des jours où je suis dans forme totale. Ces jours-là , je veux tout faire, mais je dois me limiter puisque je sais très bien que je vais payer pour, si je m’excite trop. Je dois donc toujours opter pour la maîtrise de soi, ce qui est bien. Le seul problème c’est que quand ça fait longtemps que tu n’as pas bougé, tu as le goût de faire plein de choses, du moins, moi.
Un partage plus intime :
Dernièrement, mon mari et moi avons eu «l’influenza» solide! Mon mari a tellement eu de courbatures et il a trouvé cela très souffrant. Un jour que je le frictionnais, il me regarde et il me dit:
–      «Ça te fait pas mal, toi? Tu n’as pas mal nulle part? »
Je l’ai regardĂ© d’un air triste, avec les larmes aux yeux… je lui ai dit:
–      « Tu sais, chĂ©ri, comment, depuis des annĂ©es, j’essaie de t’expliquer que parfois le simple fait que tu me frĂ´les la peau me donne une envie de pleurer. Te souviens-tu comment tu trouvais ça un peu exagĂ©rer? Bien lĂ , toi, tu n’as que l’influenza et tu trouves que tes muscles te font mal parce que tu as des courbatures. Pour moi, ce n’est RIEN ces courbatures, je vis ce mal amplifiĂ© et plus encore Ă longueur d’annĂ©e. »
À voir les yeux de mon mari, je crois qu’il venait de comprendre pour la première fois, une part de la souffrance de sa femme. Il m’a serrée contre lui délicatement… Ses mots furent :
–      « Pauvre chĂ©rie.»
Bon, voilĂ ma petite vie au quotidien pendant quelques heures le matin ce jour-lĂ , Ă l’exception de l’exemple avec mon mari. Cela n’a pas Ă©tĂ© une journĂ©e facile, mais je voulais vous la partager puisque c’est ma vie la plupart du temps… et malgrĂ© mes limites physiques, Dieu se glorifie et se sert de moi. VoilĂ ce qui est le plus encourageant, n’est-ce pas?
Donc, Il peut faire la même chose avec vous. Alors, si vous vivez des moments difficiles dans la souffrance ou sous toute autre forme, sachez que Dieu est là et Sa présence nous soutient malgré ce qu’on peut ressentir parfois dans ces temps sombres et pénibles. C’est vrai que la vie nous apporte de grandes souffrances, mais TOUJOURS avec espérance si on est Son enfant.
« Je puis tout par celui qui me fortifie. »
Philippiens 4Â :13
Soutenue par Lui,
Ann L Beaulieu
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